L’argent placé sur un contrat d’assurance vie est garanti et disponible à tout moment. Trois solutions.

Multiples facettes

L’assurance vie est un outil à multiples facettes qui permet de répondre à des stratégies patrimoniales variées en évoluant dans un cadre fiscal favorable. Les Français l’ont d’ailleurs bien compris. C’est leur placement préféré après les livrets défiscalisés. Au-delà de ses avantages, un contrat d’assurance vie est avant tout un placement entièrement disponible. Un usage multifonctions Les occasions d’utiliser ce capital sont nombreuses: financer une dépense inattendue, dégager des revenus récurrents ou encore faire face à un besoin temporaire de trésorerie Pour cela, différentes méthodes s’offrent à vous. Tout dépend de votre situation et de vos besoins du moment.

Récupérez de l’argent en faisant un rachat partiel

Pour dégager des liquidités de son contrat d’assurance vie, le retrait est le moyen le plus utilisé. Bon à savoir : les assureurs ne parlent pas de retrait, mais de rachat. Cette opération permet d’obtenir le versement du capital, soit en totalité par le biais d’un rachat total, soit de façon épisodique par le biais de rachats partiels, soit de façon régulière par le biais de rachats partiels programmés. Pour en savoir plus regardez notre vidéo ci-dessous.

Précautions

Définissez bien votre objectif.Le rachat total met, bien sûr, fin au contrat. L’assureur vous verse alors la « valeur de rachat » de votre contrat. Inversement, lors d’un rachat partiel ou de rachats programmés, le contrat se poursuit, minoré des montants retirés, et il garde les avantages fiscaux liés à son antériorité. La demande de rachat peut se faire à tout moment. Deux précautions sont à prendre. Vérifiez que votre contrat est « rachetable », ce qui est le cas de la plupart des contrats d’assurance vie, et assurez-vous, dans certains cas, de l’accord du bénéficiaire acceptant. Définissez ensuite votre stratégie: le type de rachat que vous souhaitez faire, son montant, les supports financiers à racheter (en cas de contrat multisupport), la date, sa périodicité éventuelle et l’option fiscale retenue. Vous avez le choix. Pour obtenir une somme significative afin de financer une dépense ponctuelle, optez pour un « rachat partiel ». Lorsque le rachat concerne le support en euros, nous vous conseillons de demander son exécution en début d’année. L’assureur vous versera alors entièrement la « participation aux bénéfices » qui est calculée au 31 décembre. Sinon, le rendement de votre fonds en euros peut être amputé de 20 à 25 % selon les contrats et les assureurs.

Rachats programmés

Obtenez un complément de revenus régulier. Si vous souhaitez obtenir un complément de revenus régulier, optez pour des « rachats programmés ». La plupart des contrats offrent cette possibilité. Le montant du rachat est alors versé sur votre compte bancaire selon la fréquence désirée: mensuelle, trimestrielle… Prenez toutefois le soin de vérifier, dans les conditions générales de votre contrat, que tous les supports puissent en faire l’objet. Certains assureurs ne proposent cette opération que pour le fonds en euros. Lors de chaque rachat, les gains engendrés par votre contrat sont fiscalisés. Vous avez le choix entre l’intégration des intérêts dans vos revenus ou l’application du prélèvement forfaitaire libératoire. Par défaut, sachez que votre gain est soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Une fois décidé, il suffit de vous procurer le formulaire de rachat de votre contrat ou d’adresser un courrier à votre assurance. Selon les textes, l’assureur a deux mois pour s’exécuter. Toutefois, la majorité d’entre eux procède au versement du capital sous quelques semaines.

Tirez le meilleur parti de la fiscalité

Votre rachat se compose à la fois de capital et d’intérêts, mais seule la partie correspondant aux gains subit l’imposition. En outre, les contrats de plus de huit ans bénéficient annuellement d’un abattement, sur la part d’intérêts comprise dans le retrait, de 4600 euros pour une personne seule et de 9200 euros pour un couple. Aussi, pour tirer le meilleur parti de la fiscalité, nous vous conseillons de procéder à des rachats soit sur des contrats en moins-value, soit sur des contrats qui ont plus de huit ans, afin de bénéficier de cet abattement. Par exemple: un rachat de 50000 euros, sur un contrat multisupport ouvert en 2001 par un couple marié, soumis à une imposition commune, qui a opté pour le prélèvement forfaitaire libératoire, et comportant une plus-value de 12500 euros, subira une taxation de 247,50 euros ([12 500 – 9 200] x 7,50 %), plus 1937,50 euros de prélèvements sociaux! La fiscalité globale ne représente alors que 4,37 % de la somme rachetée.

Négociez une avance, elle n’est pas considérée comme un retrait

Votre assureur peut vous proposer de bénéficier d’une avance, c’est-à-dire d’un prêt que la compagnie vous consent, moyennant un taux d’intérêt conventionnel, pour une somme comprise entre 60 % et 80 % de l’épargne accumulée sur votre contrat. Préférer une avance à un rachat partiel est intéressant en cas de besoin ponctuel de liquidités. Le principal avantage d’une avance est qu’elle permet de disposer de fonds sans que l’opération soit considérée comme un retrait. Cette opération n’est pas assimilée à un retrait, elle ne diminue pas la valeur de rachat de votre contrat et l’épargne continue à être rémunérée Elle est neutre fiscalement. Du coup, la fiscalité des retraits ne vous sera pas appliquée. Le délai de remboursement maximal est fixé à trois ans, renouvelable une fois. Attention, si, au terme, vous n’avez pas remboursé l’avance qui vous a été consentie, l’assureur procédera à un rachat automatique sur votre contrat.

Profitez d’un coût faible

Les conditions d’obtention varient d’un établissement à l’autre. D’une manière générale, les avances ne dépassent jamais 80 % de l’épargne investie sur les contrats en euros et 60 % pour les contrats en unités de compte. Le taux d’intérêt appliqué est déterminé au début de chaque année civile pour l’année en cours. Il est au moins égal au rendement du fonds en euros de l’année précédente plus 1 ou 2 points, ou au taux moyen trimestriel des emprunts d’État plus 1 ou 2 points aussi. Actuellement, comptez jusqu’à 4 % %. De ce fait, le coût réel à votre charge est faible puisque vous ne supportez que la différence entre le coût du prêt et la rémunération de votre épargne.

Exemple concret

Le calcul mérite d’être effectué ! Prenons un exemple : vous obtenez une avance de 100000 euros, qui vous coûte 4% par an, soit 4000 euros. Votre épargne, toujours placée, continue d’être rémunérée, par exemple à 3% annuellement, soit un gain de 3000 euros. Le coût réel de l’opération est de 1% par an, soit 1000 euros. Dans de nombreux cas, un rachat partiel de 100000 euros sur votre contrat d’assurance vie risque de vous revenir plus cher qu’une avance. Aussi, si votre besoin de trésorerie à court terme a des chances d’être comblé par une prochaine rentrée d’argent et si votre contrat est en plus-value, donc fiscalisé en cas de retrait, envisagez de procéder à une avance plutôt qu’à un rachat partiel. Sortez vos calculettes !

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Changer votre capital en rente

Convertir son capital en rente permet de recevoir un complément de revenus à vie sans devoir se préoccuper de la gestion de leur épargne. La « rente viagère » est l’engagement que prend un assureur de vous verser une rente régulière jusqu’à votre décès. En contrepartie, votre capital est définitivement transformé en rente et ne vous appartient plus. Cette rente, calculée en fonction de votre espérance de vie, correspond le plus souvent à 3 ou 4% par an du capital que vous convertissez.

Le montant de la rente viagère varie

Différentes options de rente sont mises à votre disposition : rente simple, rente avec réversion partielle ou totale, rente avec annuités garanties permettant un nombre minimal d’années de versement quoi qu’il arrive. Chaque solution sera propre à votre situation. Tout dépendra de vos besoins. Mais il n’y a pas de miracle, plus l’option vous protège et plus le niveau de la rente sera réduit. Contrairement à ce que l’on pense souvent, le montant de la rente viagère déterminé par votre assureur n’est pas fixe. Il correspond simplement à un montant minimal garanti. La revalorisation de votre rente est déterminée par le cumul de deux facteurs : d’une part, le taux technique, qui est un taux d’anticipation garanti sur la revalorisation future de la rente, et d’autre part, la participation aux bénéfices, qui est liée aux bénéfices dégagés par l’assureur et qui revalorisera annuellement la rente.

La fiscalité de la rente

Si l’assureur dégage 3% de bénéfices et que vous avez opté pour un taux technique de 0,5 %, votre rente sera revalorisée de 2,5% (3 % – 0,5 %) au titre de la participation aux bénéfices. Le taux technique est donc essentiel, puisqu’il va conditionner la revalorisation future de votre rente. Si vous avez un besoin de financement fort dès votre départ à la retraite, optez pour un taux technique de 0,5 %. Il viendra alors gonfler vos premières rentes et les revalorisations futures seront calculées sur un éventuel différentiel.

Au contraire, si vous souhaitez financer un besoin futur, optez plutôt pour un taux technique à 0 %. Vos rentes seront ainsi plus fortement valorisées année après année, selon les résultats du régime, ce qui est une formule plus intéressante sur une longue durée compte tenu de l’espérance de vie. Malgré l’intérêt qu’elle peut présenter dans certains cas, la rente fait l’objet d’une fiscalité très dissuasive! En plus des prélèvements sociaux de 15,5 %, les versements successifs de la rente sont imposables à l’impôt sur le revenu. Heureusement, seule une fraction de leur montant, compris entre 30 et 70 % selon l’âge auquel vous avez touché le premier versement, est fiscalisée. Le taux d’imposition réel peut être très élevé.