Détenir un contrat d’assurance vie, c’est bien. Mais en détenir plusieurs, c’est parfois mieux.
Voici pourquoi en quelques points

Avec plus de 22 millions de contrats ouverts, l’assurance vie est en France un placement plébiscité par les épargnants. Certains en détiennent un, d’autres en possèdent deux ou trois. Et pour cause, l’assurance vie est un formidable outil de gestion patrimoniale facilitant, grâce à un cadre fiscal avantageux, la transmission d’un capital, la constitution de revenus et la valorisation d’une épargne. Voici sept raisons pour lesquelles il est quelquefois intéressant de détenir plusieurs contrats vie. Pour en savoir plus regardez notre vidéo ci-dessous

Optimisez vos gains

Les politiques de gestion des compagnies d’assurances sont très disparates, ce qui implique une forte hétérogénéité de leurs résultats, que ce soit la performance du fonds en euros ou celle des Sicav. L’écart de rendement entre deux fonds en euros peut représenter un quart de leurs performances. Pourquoi ? Parce que leur composition peut être très différente d’une structure à l’autre. Il se peut que vous disposiez d’une poche en euros composée majoritairement d’immobilier, d’une autre qui va privilégier les obligations émises par des États européens ou d’une autre, encore, qui fait la part belle aux obligations émises par des entreprises et favorise l’investissement en actions. Avec des rendements moyens qui avoisinaient 2,3 % en 2015, selon la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA), mettre toutes ses billes dans un seul et unique fonds en euros peut vous conduire à une amère certaine déception.

“ Valorisez vos contrats en fonction de vos objectifs de sécurité et de risques acceptables.”

Elargissez vos choix

Les assureurs n’offrent pas tous les mêmes produits financiers. Certaines structures proposent une ouverture à des fonds externes, d’autres se cantonnent à des fonds maison. Des SCPI peuvent également être hébergées au sein du contrat, tout comme des trackers pour reproduire un indice boursier avec moins de frais. Détenir différents contrats de diverses compagnies vous offre donc un choix beaucoup plus large en termes de gestion financière. Enfin, les options de gestion mises à votre disposition diffèrent beaucoup. La majorité des contrats propose une gestion sous mandat, une gestion libre ou bien une gestion automatisée en fonction du niveau d’implication que vous souhaitez avoir. Mais quelques prestataires jouent la carte de l’originalité en proposant, par exemple, l’écrêtage des plus values, (c’est-à-dire la réaffectation automatique des gains réalisés), l’investissement progressif en Bourse ou la mise en place d’ordres de « stop loss » (arrêt des pertes) qui protège votre épargne en cas de chute des marchés financiers.

Répartissez les risques

Répartir vos contrats d’assurance vie entre différents établissements est nécessaire pour ne pas limiter la performance de votre épargne aux résultats d’un seul. Un deuxième facteur plaide plus que jamais en faveur d’une répartition des risques : la crise économique et financière ! Alors que certaines compagnies d’assurances ont connu des sueurs froides en 2011, en raison de leur forte présence dans des pays en difficulté et d’une exposition importante aux marchés boursiers, faisant craindre le pire à leurs assurés, la situation s’est nettement améliorée. N’oubliez pas que l’assurance vie est un placement à long terme avec une durée de détention conseillée de huit ans.

Renforcez votre sécurité

Détenir plusieurs contrats d’assurance vie dans des compagnies d’assurances bien distinctes permet de préserver votre épargne sur une longue période si une compagnie venait à connaître des difficultés. Les contrats d’assurance vie bénéficient d’une protection supplémentaire depuis 1999, année de leur couverture par le Fonds de garantie des assurances de personnes (FGAP). Si une société d’assurances n’est plus en mesure de faire face à ses engagements envers les assurés, le fonds est mobilisé, garantissant les sommes placées jusqu’à 70 000 euros par contrat et par assureur. En souscrivant des contrats d’assurance vie dans divers établissements, vous multipliez donc d’autant le nombre de fois où la garantie pourra s’appliquer. Tenez compte également de la fiscalité, qui peut varier suivant les dates de souscription.

Des retraits moins taxés

Les supports disponibles sur un contrat d’assurance vie évoluent tous d’une façon qui leur est propre. Un fonds en euros vous fait bénéficier annuellement d’un taux de rendement minimal, complété d’une participation aux bénéfices. Il est entièrement garanti en capital et, grâce à l’effet « cliquet », les intérêts versés chaque année vous sont définitivement acquis. Au contraire, la part de votre épargne en assurance vie placée en unités de compte (en fonds boursiers, obligataires ou immobiliers) offre un potentiel de performance plus élevé, mais ne dispose pas de garantie en capital. Son évolution sera donc, à la hausse comme à la baisse, très différente de celle du fonds en euros. Pour rappel, la fiscalité des rachats appliquée à l’assurance vie porte uniquement sur les gains réalisés.

“ Comparez en détail toutes les offres en exigeant des propositions écrites.”

Optimisez

Optimiser des rachats futurs, il est judicieux de segmenter les supports sur plusieurs contrats d’assurance vie selon leur niveau de risque. L’idée est d’isoler d’un côté le fonds en euros, de l’autre la part en unités de compte, en les plaçant sur deux contrats différents. Ainsi, en cas de retrait, vous pourrez choisir de ponctionner le contrat le moins fiscalisé. Si le gain sur le contrat en unités de compte est plus important que celui du contrat investi uniquement dans le fonds en euros, vous serez moins taxé en effectuant un retrait partiel sur ce dernier (lire notre exemple dans l’article « Faut il avoir plusieurs contrats »). Mais si le contrat constitué uniquement du fonds en euros rapporte davantage que celui en unités de compte, vous serez moins taxé en procédant à des retraits sur celui-ci. Un avantage de taille !

Bénéficiez de différentes exonérations

Les Perp (plan d’épargne retraite populaire) et les contrats Madelin permettent de préparer la retraite en épargnant et en profitant d’un avantage fiscal immédiat… Chacun de ces contrats dispose de caractéristiques spécifiques pouvant être adaptées à votre situation. Franchir le pas peut vous permettre à la fois d’optimiser la gestion financière de votre épargne et de profiter d’un cadre fiscal plus avantageux tout en respectant le cadre de vos objectifs patrimoniaux.

Adaptez vos placements aux besoins de leurs bénéficiaires

Le placement de votre épargne sur un seul et même contrat d’assurance vie n’est pas toujours adapté à vos bénéficiaires. Ouvrir une assurance vie différente pour chacun d’eux est un moyen d’adapter la gestion à leurs besoins spécifiques. Il faut pour cela garder en tête la destination des fonds pour optimiser la gestion et la prise de risque . Ainsi en fonction de l’âge du bénéficiaire et de sa sensibilité au risque, la répartition financière du contrat pourra évoluer.

Flexibilité

Le versement des capitaux sera plus facilement personnalisable et plus flexible. Dans un souci de discrétion, vous préférerez peut-être isoler certains des bénéficiaires sur un contrat à part. En procédant de cette manière, vous êtes en outre assuré de la rapidité de traitement de votre dossier, les fonds pouvant être bloqués par la compagnie d’assurances dans le cas d’une mésentente entre les bénéficiaires . Enfin, être désigné sur plusieurs contrats donne davantage de souplesse à un bénéficiaire. Il pourra ainsi accepter ou refuser une partie seulement des capitaux.

Profitez de la fiscalité sur vos versements après 70 ans

L’assurance vie conserve d’énormes atouts pour la transmission de votre patrimoine, même après 70 ans. Car, dans ce cas de figure, seule la part des versements dépassant un abattement de 30 500 euros est soumise aux droits de succession, les gains, eux, n’étant pas taxés. La méthode de calcul de la fiscalité avant et après 70 ans étant différente, il est conseillé de ne pas mélanger les deux compartiments et de procéder aux versements après cet âge sur un nouveau contrat.

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Astuces légales

Si vous avez effectué un retrait partiel sur un contrat ouvert après l’âge de 70 ans, ce retrait amputera une partie des gains du contrat, qui auraient été totalement exonérés de droits de succession si vous n’aviez pas fait ce retrait. Pour éviter cet écueil, il est conseillé de posséder divers contrats d’assurance vie, même après 70 ans, pour pouvoir réaliser si besoin est des rachats ou de souscrire en plus un contrat de capitalisation. Il est important de suivre une stratégie efficace. Bien évidemment, il faut avant toute chose profiter pleinement de l’abattement de 152 500 euros par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans.

L’alimentation d’un contrat d’assurance vie après 70 ans ne doit pas être négligée. Verser une somme importante (même supérieure à l’abattement de 30 500 euros) peut permettre de réduire significativement les droits de succession, comme le montre l’exemple que nous traitons au chapitre « Avantages fiscaux et succession »

Elargissez l’offre

La baisse de rendements du fonds en euros ou l’inquiétude croissante des Français à propos de leur niveau de vie une fois parvenu à la retraite incitent les compagnies d’assurances à proposer de nouvelles solutions. L’offre s’élargit : contrats proposant des fonds euro-croissance, variables annuities (contrats à « annuités variables », en français), opportunistes ou à dominante immobilière (principalement investis dans les SCPI et OCPI).

Prenez date

Ces contrats d’un nouveau genre avancent chacun des arguments convaincants. Y affecter une partie de vos actifs peut être judicieux, mais attention, il convient d’être raisonnable et de les utiliser en complément de contrats classiques déjà ouverts. De plus, il n’est pas toujours aisé de juger de la pertinence d’un placement au début de sa commercialisation. Sans repères ni historique, il est difficile d’y allouer une part significative de ses économies. Pour les plus méfiants, il peut être opportun de prendre date en versant une somme minime sur un contrat de ce type. Ils pourront y transférer, plus tard, les capitaux retirés d’un contrat en déclin tout en bénéficiant déjà d’une certaine maturité fiscale.